Emile-Roger Lombertie. Ligne droite.

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Officiellement soutenu par l’UMP, ce psychiatre de 63 ans mène la liste « Limoges alternance » pour les prochaines municipales de 2014. 

D’emblée, il me prend de court avec cette question : « Dites moi, quelles sont vos opinions politiques ? » Sans doute l’avait-il préparée. Non pas qu’il soit méfiant, mais plutôt qu’il aime savoir à qui il a à faire. Dans un demi-sourire, comme satisfait de lui-même, il s’installe dans le fauteuil de son bureau du centre hospitalier Esquirol. À 63 ans, cet hyperactif se présente candidat pour les prochaines élections municipales en menant la liste « Limoges alternance » soutenue par l’UMP. Il assure en même temps que le côté politicien de la chose publique n’est pas sa tasse de thé. Lui, ce qu’il aime, c’est la campagne. Dans tous les sens du terme. Mettant temporairement de côté son amour pour le travail de la terre, l’homme part aujourd’hui à la rencontre d’un terreau plus électoral. L’occasion pour lui d’échanger avec les limougeauds, d’en apprendre plus sur eux, mais aussi surtout d’en dire plus sur lui. « C’est une période de relations humaines exacerbées. Mais j’adore ça » déclare-t-il. Son franc-parler, sa gestuelle et son irrésistible tendance à toucher le bras de son interlocuteur trahissent un style très « sarkozyste », qui, à mi-chemin entre attitude décontractée et idéologie décomplexée, lui permet de s’imposer dans le débat local. Et d’incarner, au passage, un candidat idéal pour la « droite forte ». Une impression qui se confirme lorsque rapidement, et probablement même sans s’en rendre compte, il me tutoie.

Montée de l’immigration, insécurité, assistanat… Autant de questions qu’il n’hésite pas à aborder, quitte à venir parfois marcher sur les plates-bandes du Front National. Ce que certains considèrent comme des arguments de vente électoraliste, il assure qu’ils ne sont que les éléments d’un bilan lucide. D’une voix ferme, les mains martelant la table comme pour accentuer son discours, il tonne : « Je souhaite mettre en place tous les outils qui garantissent la sécurité ». La réponse à ce « problème » réside selon lui dans l’augmentation de la présence policière et le développement de la vidéosurveillance. « Il ne s’agit pas de fliquer les gens, ni de faire uniquement du répressif. Ce sont aussi des moyens préventifs ». Car les faits sont là, explique-t-il : la montée de la délinquance se constate au quotidien, comme en témoignent les nombreux faits divers de ces derniers temps. Et d’ajouter, en dramatisant peut-être un peu : « Savez-vous que dans certains quartiers on est à deux doigts de voir se constituer des milices civiles ? C’est pas la République ça ! »

Derrière lui, l’équipe de l’Alternance se prépare activement à l’échéance des élections de mars 2014. Entre tractages de masse et réunions politiques, les forces vives de ses plus proches collaborateurs tentent d’être sur tous les fronts. Mais un premier obstacle vint leur barrer la route lorsque début février, des militants avaient cherché à déposer des tracts dans un foyer d’hébergement de la ville. S’étant vus refuser l’entrée à l’établissement par l’adjoint au maire responsable du CCAS (Centre communal d’action sociale), certains ont immédiatement crié à la censure. Le numéro un de la liste, lui, s’interroge sur une telle interdiction, dont il considère qu’elle n’est qu’un moyen d’empêcher la divulgation d’informations sur les prochaines municipales auprès de personnes en capacité de voter. « S’il est légalement interdit de distribuer des tracts dans ces lieux publics, on devra s’assurer qu’aucun parti politique n’y sera autorisé, et qu’aucun des élus n’ y passera ! » s’emporte-t-il.

L’histoire de son ascension jusqu’à la tête de la liste « Limoges Alternance », c’est celle de « la confiance entre un vieux et un jeune ». Un jour, son ami Guillaume Guérin lui raconte qu’il veut redonner naissance à une droite très absente dans le département. Cette initiative fondera l’association « Haute-Vienne alternance » au sein de laquelle des militants se mobilisent pour qu’émergent des listes politiquement « proches de l’UMP ». Le moment venu de nommer celui qui conduira celle de Limoges pour les municipales de 2014, c’est « tout naturellement » lui qui s’est imposé parmi les autres adhérents et sympathisants. Une aubaine, puisque dans le même temps, le docteur Emile-Roger Lombertie s’inquiète sérieusement de voir le système de santé se dégrader dans les services. « C’est tombé à un moment où j’hésitais entre m’engager en politique pour faire bouger les choses dans ma ville ou prendre ma retraite et foutre le camp. »

L’homme dit avoir beaucoup lu les grands auteurs. Montesquieu, Rousseau, ou encore Camus. Il s’est très vite retrouvé dans les lignes de ce dernier, du fait peut-être qu’ils ont tous les deux connu une enfance pauvre. Son souvenir de L’Étranger reste d’ailleurs très fort, lui qui s’est toujours senti un peu rejeté par les « petits bourges locaux ». Mais cette période de sa vie n’en sera pas moins heureuse. Jeune, déjà, il connaissait « le sens du travail et du devoir », et venait souvent aider ses grands-parents, agriculteurs de profession. Bercé par les récits de ses anciens, il raconte les longues heures durant lesquelles il écoutait ses deux grands-pères. L’un était un communiste devenu fervent Gaulliste, l’autre un républicain convaincu. Aujourd’hui, ce double héritage lui permet sans doute de prétendre à une certaine ouverture d’esprit. Car Emile-Roger Lombertie défend une liberté de conscience qui ne saurait l’empêcher d’apprécier certaines idées de gauche. Ni même certains discours traditionnellement plus à droite. Là où certains voient en lui un « opportuniste », ou d’autres encore, plus mauvaises langues, une « girouette idéologique », lui se défend d’une indépendance politique qui ne contredit pas pour autant ses valeurs républicaines. « Les sectarismes de droite et de gauche sont des conneries » lâche-t-il.

Aujourd’hui, il garde un souvenir politique particulièrement fort de Jacques Chirac à l’époque où il venait de gagner la mairie de Paris, avec « un art du contact et de la proximité avec les gens phénoménal ». Ce moment, s’il n’est pas anodin, peut prêter à sourire tant il est apparu spontané pour celui qui est aujourd’hui candidat à la mairie de Limoges. Encarté depuis peu à l’UMP, il creuse chaque jour un peu plus son sillon, et ne semble pas prêt à vouloir s’arrêter. Quoiqu’il arrive.

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2 réflexions au sujet de « Emile-Roger Lombertie. Ligne droite. »

    Bernadette Nicolas a dit:
    20 février 2014 à 11 h 20 min

    la route va etre longue

      VERYNAUD Jacques a dit:
      2 avril 2014 à 22 h 57 min

      Ressenti d’un militant : La campagne l’a transformé , son succés l’a transcendé.
      Limoges a choisi de remplacer un « politique » par un Homme issu de la société civile . Ses qualités apparentes: courage , volonté , droiture et sincérité .

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