Pierre Coinaud. Centre isthme.

Publié le Mis à jour le

Image

Cet ancien entrepreneur est aujourd’hui à la tête de la liste centriste « Aimons Limoges » où il lie convictions personnelles et expérience professionnelle. 

Lorsqu’il fait quelque chose, il le fait à fond. C’est aussi vrai lorsqu’il vous propose un café et que la machine fait des siennes. Pierre Coinaud n’est pas du genre à abandonner si vite, et se donne tous les moyens pour arriver à ce qu’il veut. C’est ainsi qu’un quart d’heure et une demi-douzaine de capsules à café plus tard, nous commençons notre entretien. « Je suis quelqu’un de têtu vous savez. » 

Nous nous retrouvons dans sa permanence de campagne, un local lumineux situé en plein centre-ville. Les tracts à l’effigie du candidat centriste jonchent le bureau, à côté de la boîte à idées qui trône à l’entrée. Dans un coin de la pièce se tient un drapeau de l’Union européenne. Il explique être pour une Europe sociale et fiscale forte. « Imaginez comment nous aurions passé la crise de 2008 si nous n’avions pas eu un euro fort… »

Rassemblement

Un an plus tôt, Pierre Coinaud partait à la rencontre des militants des différents courants centristes pour leur expliquer son projet pour Limoges. « Beaucoup ont été enthousiasmés. » raconte-t-il. Rapidement, l’union fût scellée. Quelques semaines plus tard, on apprendra officiellement de la bouche de leurs ténors respectifs, François Bayrou et Jean-Louis Borloo, l’alliance du MoDem et de l’UDI. C’était sans compter sur un tel coup médiatique que le candidat Limougeaud anticipait localement cette stratégie. Un bon point, donc, pour celui qui admet facilement que la politique est une chose nouvelle pour lui. Se considérant comme néophyte en la matière, il dit en avoir beaucoup appris depuis le lancement de sa candidature pour 2014. À moins de deux mois des élections, ses colistiers se réservent le droit de le conseiller, comme lorsque plus tôt, il déclarait devant les caméras de France 3 ne pas s’y connaître dans tous les domaines, et compter sur la compétence de ses alliés. La petite phrase a fait mouche : « On m’a dit que je devais tout savoir sur tout ». Redoublant d’efforts, il s’évertue désormais à maîtriser les bases sémantiques de ce qui constitue leur nouveau projet. Fondé sur le développement économique de la ville, le programme de la liste « Aimons Limoges » entend offrir une nouvelle voie politique aux électeurs. Rassembleur, Pierre Coinaud aimerait que sa liste transcende tous les courants de droite et de gauche.  « Notre seul parti, c’est Limoges. »

Parmi les 55 colistiers inscrits, on retrouve, en autres, des figures locales, telles que Nadine Rivet (MoDem), Philippe Pauliat-Defaye (UDI), tous deux conseillers municipaux sortants, ainsi que le vice-président du Parti Radical en Haute-Vienne, Vincent Léonie. Beaucoup d’autres candidats sont issus de la société civile. Mais, fait plutôt rare, la liste « Aimons Limoges » comptait jusque récemment plus de femmes que d’hommes. Un schéma qui ne respectait donc pas la parité, mais d’une manière plutôt inédite, pour ne pas dire insolite. « Cette place nouvelle qu’ont les femmes, c’est une évolution qui va dans le bon sens. » considère-t-il.

Investissement(s)

Les engagements se multiplient pour la nouvelle figure centriste : ancien président de la CGPME Haute-Vienne, élu récemment à la commission exécutive de la CGPME nationale et secrétaire de l’association de promotion de la LGV, c’est sans hésitation qu’à 63 ans, il se lance dans cette course pour les municipales. « Je m’engage dans les projets auxquels je crois. C’est l’âme du chef d’entreprise. » Un engagement qui ne compte pas ses heures pour ce jeune retraité. Pour autant, rien ne semble l’empêcher de se réserver quelques moments à lui, et de passer du temps auprès de son épouse, avec qui il part souvent faire de longues marches.

Il naît et grandit à Limoges. Fier, il raconte une enfance passée près de ses grands-parents et de ses parents, boulangers de père en fils dans le centre-ville, rue Lansecot. « J’ai un moment envisagé de prendre la suite, mais mon père ne l’a pas souhaité. » Il n’en reste pas moins que son goût pour le commerce, lui, ne l’aura pas quitté. Il raconte un grand-père et un père aux « valeurs très fortes », mais qui n’avaient pas le temps de s’intéresser à la politique. « C’est sûrement pour ça que je n’ai jamais pris de carte dans un parti politique. » Après son service militaire, il suit une formation à l’école de la Chambre de commerce de Limoges. Il commence ensuite sa carrière dans le monde de l’entreprise en tant qu’attaché de direction. En 1977, l’entreprise où il travaille ferme ses portes. Essuyant l’échec d’une offre de reprise refusée, il décide de fonder l’entreprise « Alpha’bureau » avec deux associés. Aujourd’hui, il est convaincu que sa connaissance du monde de l’entreprise lui donne une vision de sa ville que n’ont pas les autres prétendants à la mairie.

«  Vous êtes une machine à perdre ! »

Nous sommes soudainement coupés dans notre conversation. Une femme entre dans la permanence, et interpelle le candidat centriste. « Je viens voir si je ne rêve pas. Vous vous rendez-compte ? Vous êtes une machine à perdre ! ». Gardant son calme, il tente d’instaurer un dialogue. Aussitôt s’empresse-t-elle de reprendre : « Personne ne parle de vous, et heureusement ! Nous aurions dû nous unir pour gagner, mais au lieu de dire qu’on va se battre ensemble, on va chacun de notre côté ! » ajoute celle dont on apprend qu’elle est un soutien de la liste UMP. Après lui avoir expliqué sa démarche, Pierre Coinaud voit son interlocutrice lui tourner le dos. Il soupire, et s’efforce de ne pas sembler désarmé. « Je vous assure que c’est pas une comédienne que j’ai engagée ! » s’esclaffe-t-il.

Lorsqu’il déclarait vouloir « être présent où se jouent les coups », il n’imaginait sûrement pas qu’il risquerait de l’être là où ils se donnent. Car pour quiconque se revendiquant au centre, chercher à peser dans un débat traditionnellement articulé autour d’un bipartisme droite/gauche n’est pas chose aisée. C’est particulièrement vrai à l’échelle locale, Pierre Coinaud l’aura bien compris.

Advertisements

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s